J’ai testé pour vous… Le vin sans alcool ! (Infographie inside)

Je ne sais pas si vous le savez, mais les vins sans alcool (à mettre entre guillemets car on ne peut pas vraiment les appeler “vin” – voir plus bas) existent depuis longtemps. Je suis tombée par hasard sur la gamme “Bonne Nouvelle” au drive Auchan de Sète. A 2.80 € la bouteille au drive, je me suis dit, autant ne pas mourir bête et essayer… Passée la phase, pas très concluante je dois l’admettre, de la dégustation, je me suis penchée sur la question de la désalcoolisation des vins dont voici un résumé.

infographie sur les vins sans alcool : technique, réglementation et dégustation

En résumé, retenons ceci :

  • Le vin est composé à environ 83% d’eau, 15% d’alcool, le reste étant un mélange de sucres, minéraux, acides, composés phénoliques, etc.
  • L’alcool est essentiel à l’équilibre organoleptique du vin. Il réduit la sensation d’acidité, donne de l’onctuosité et une sensation de sucré.

Techniques de désalcoolisation des vins

Il existe différentes techniques de désalcoolisation, partielles ou totale, biologiques ou physico-chimiques, des vins. Retenons les suivantes :

  • A la vigne : Vendanges précoces, utilisation de cépages peu alcoogènes, augmentation des rendements afin de réduire la concentration des raisons.
  • Pendant le vinification : Utilisation de levures à rendement faible en alcool, désucrage des jus
  • Sur produit fini : Désalcoolisation par des techniques complexes de distillation, nanofiltration ou osmose inverse.
    Toutes ces techniques affectent le profil organoleptique du vin, le rendant particulièrement acide. Les techniques physico-chimiques enlèvent par ailleurs une grande partie des arômes du vin initial.

Aspects réglementaires

  • La désalcoolisation est strictement interdite sur les vins en AOC (Appellation d’Origine Contrôlée)
  • La désalcoolisation est autorisée sur les vins de table et vins de pays, dans la limite d’une réduction de 2% du degré.
  • Pour des réductions supérieures à 2%, le produit ne pourra plus s’appeler “vin” mais “boisson issue de vin partiellement désalcoolisé” ou “boisson issue de raisin”.

Exemple et dégustation

J’ai acheté une bouteille de rouge de la gamme “Bonne Nouvelle“. C’est un produit créé il y a déjà 15 ans par l’UCCOAR (Union des Caves Coopératives de l’Ouest Audois & du Razès – devenue Val d’Orbieu puis Vinadéis) en partenariat avec l’Inra (Institut National de la Recherche Agronomique). C’est un produit à base de vin désalcoolisé et dont l’acidité est rectifiée par l’ajout de stévia, un édulcorant largement répandu dans l’industrie agro-alimentaire. Chaque bouteille titre à moins de 0.2% d’alcool et le produit final est 4 à 8 fois moins calorique qu’un verre de vin classique. C’est un produit vendu moins de 3€ la bouteille en grndes surfaces.

Globalement, l’expérience s’est avérée très décevante. Derrière une robe brillante, grenat, typique d’un vin jeune et sur le fruit, on distingue des arômes de jus de raison classique, de grenadine et de cassis. Au palais parcontre on retient une sensation de déséquilibre, avec une acidité très marquée et aucun volume en bouche. Un simple jus de raison est bien meilleur… Verdict… 7/20 ! Aucun intérêt ! Autant boire du jus de fruits !

4 commentaires


  1. // Répondre

    sympa votre blog 🙂 existe – til d’autres vignerons qui font (peut etre) du bon vin sans alcool ? je n’ai rien lu à ce sujet….


    1. // Répondre

      Merci Bruno 🙂 Pas de “vin” désalcoolisé de qualité buvable à ma connaissance. Tout d’abord ce ne sont pas des vins de producteurs/vignerons mais de négociants car les techniques utilisées nécessitent un équipement bien spécifique et coûteux. Par ailleurs ce type de produit existe depuis une quinzaine d’années mais n’a jamais connu de grand essor, preuve d’une piètre qualité et d’un décalage avec les attentes du consommateur. Vous pouvez explorer les vins partiellement désalcoolisés, comme la gamme “so light” pour un moindre mal, et plutôt les blancs qui seront moins affectés par la sensation d’acidité. Donnez m’en des nouvelles !


  2. // Répondre

    Bonjour Marion. Dans le cadre de mon Master en Commerce, vente et Marketing au CNAM, je me suis intéressé au vin sans alcool dans le cadre d’une étude de marché. Et pour cette étude, j’ai pensé qu’il fallait gouter. Gouter du vin, n’est pas encore un calvaire mais gouter du vin sans alcool !!!!!
    J’en ai testé plusieurs vendus en hypermarché puis je suis tombé sur un négociant/producteur alsacien : “la côte de Vincent”. J’ai sérieusement vu une différence tant au niveau du prix que du goût. Et je dois avouer que je n’ai pas regretté mes 7€. J’en ai même acheté un assortiment de 6 pour faire une dégustation à l’aveugle avec mes copines.
    Mon étude de marché portant sur l’Alsace, je ne me suis, pas encore, attaqué aux autres marques.
    En fonction, des résultats de cette étude, nous envisagerons peut-être de l’étendre aux autres régions.
    Je vous donnerai des nouvelles.
    Pour moi, le test de ce type de vin a été très positif et encourageant pour mon étude de marché.
    A bientôt peut-être.


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      Chère Carole, je vous remercie pour votre message et suis ravie qu’internet puisse permettre de tels échanges. Je serais très heureuse de pouvoir lire votre travail lorsque celui ci sera terminé. D’ici là, au plaisir d’échanger, et surtout n’hésitez pas à me solliciter si vous avez des questions ou besoin de contacts pour les régions viticoles du sud dont je suis originaire. Encore merci pour cet échange et bon travail !

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